Edouard W. LITTAY (Saint-Pierre 1833- Avranches 1917) (attribué à)
Ecole Française XIXe siècle
Saint Pierre Emiquellon, rixe devant la capitainerie, vers 1860
Huile sur toile
16,5 x 23 cm
Edouard William Littaye est le véritable pionnier de la photographie à Saint-Pierre-et-Miquelon. Fils d'Edouard Littaye, trésorier payeur de la colonie, et frère d'Ernest Littaye (lequel succédera à leur père dans sa charge, épousera Pauline Cordon et mourra à Saint-Malo en 1884), Edouard W. Littaye effectuera toute sa carrière dans l'administration de la Marine, à Sain-Pierre tout d'abord, en Cochinchine ensuite, puis en Nouvelle-Calédonie, au Sénégal et, pour terminer à Dunkerque.
Né à Saint-Pierre le 19 novembre 1833, Edouard W. Littaye quitte la colonie en 1839 pour gagner Saint-Servan (Ille-et-Vilaine) où il effectuera ses études à la Pension des Frères La Mennais jusqu'en 1853. A cette date, il rentre à Saint-Pierre où il sera d'abord écrivain, puis commis (1858), puis aide commissaire de la Marine (1860). Après un séjour de deux ans à Saint-Malo, au cours duquel il suit à l'Ecole des Beaux-Arts de Saint-Sevran les cours du peintre Rosse, lui même photographe, qui l'initie à la technique photographique, Edouard W. Littaye regagne Saint-Pierre où, il épouse Virginie Ledret et se voit nommé en décembre de la même année sous-commissaire de la Marine.
Le 25 mars 1866, il quitte Saint-Pierre avec sa femme et son fils Edouard pour la Cochinchine, via la France et Port Saïd.
C'est de son retour à Saint-Malo (1862) à son départ pour Saïgon (1866) que date l'essentiel des photographies laissées par Edouard W. Littaye. C'est à dire d'avant l'incendie du 16 septembre 1867. Et à ce titre elles constituent un fond inestimable sur l'ancien bourg de Saint-Pierre.
De retour à Saint-Pierre le 7 mai 1870 après avoir atteint à Saïgon le grade de sous-commissaire de première classe, il se voit confier la charge de chef du Service administratif de la colonie (9 novembre 1872). En 1873, il prend l'initiative (approuvée par le ministère de la Marine) de dresser la première "carte des naufrages survenus sur les côtes de Saint-Pierre depuis 1816". En octobre 1873, devenu commissaire adjoint de la marine, il entreprend de réaliser une "Table générale alphabétique de bulletin administratif des actes du gouvernement de 1816 à 1873 inclus"; travail de bureaucrate obsessionnel qu'il remet en avril 1874, un mois avant de quitter définitivement Saint-Pierre.
Son travail administratif n'aura pas empêché Edouard W. Littaye de se livrer à sa passion de la photographie, et il laissera de cette seconde période (1870-1874) une seconde série d'image tout aussi rare de Saint-Pierre.
Le 16 janvier 1875, Edouard W. Littaye est nommé directeur de l'intérieur en Nouvelle-Calédonie où il restera en poste jusqu'en 1879 et continuera de pratiquer son passe-temps. Après avoir été nommé à Dakar, au Sénégal, il deviendra chef du Service de la Marine à Dunkerque où il restera en poste jusqu'à sa retraite en 1896. La Première Guerre mondiale l'oblige en 1915, à se réfugier à Avranches où il meurt le 9 juin 1917.
Il existe trois albums dans lesquels on retrouve de nombreuses photographies signées "Ed. Littaye" sur le négatif. L'un, don de M. Georges Landry au musée de Saint-Pierre, a malheureusement été démembré. Le second, l' "Album Paulette Humbert" est conservé à Saint Pierre par le studio Briand Ozon. Le troisième, qui contient environ soixante quinze photographies de Saint-Pierre, des galeries de portraits, des vues de la Nouvelle-Calédonie et quelques épreuves de Bretagne signées Rosse, était l'album personnel d'Edouard W. Littaye. Il est conservé par les descendants du photographe.
Jean-Pierre Castelain et Yves Leroy, Images de Saint-Pierre-et-Miquelon, Le Volcan, 1990, p.130