Louis Marie René CHOPRIX
(Bruxelles, 1888 - 1972)
Contraste, 1929
Huile sur toile
90 x 80 cm
Signée en bas à gauche : Louis Marie René Choprix
Exposition :
Salon de quatriennal de Belgique, Liège, 1931
Né à Bruxelles, Choprix connaît une enfance insouciante et gaie. Son père est chromiste et exploite un petit atelier de gravure et de lithographie. C’est dans cet atelier aux multiples reproductions antiques, que Choprix développe son goût pour la peinture. À l'Académie des Beaux-Arts de Bruxelles en 1902, rares sont les professeurs qui suscitent son admiration mis à part Delville et Montald. Après avoir reçu le deuxième prix de dessin en 1907, il commence une carrière de dessinateur à l’institut cartographique militaire qu’il poursuivra jusqu’en 1922. Sa rencontre avec Alice Delaby qu’il épouse le 3 août de la même année, bouleverse cependant sa vie d’artiste. Commence alors une période créatrice intense, marquée par une esthétique proche des réalistes magiques hollandais. Ses tableaux intimistes mettent en scène des jeunes femmes souvent inspirées par Alice, dont l’exécution et la composition doivent beaucoup à Foujita, découvert par le peintre en 1927. Si l'exposition de 1929 au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles lui vaut des critiques très élogieuses, la guerre puis quelques problèmes de santé changent sa manière de peindre ; ce sont désormais les rochers de la côte méditerranéenne, notamment ceux de l’Estérel et du Stromboli, qui deviennent sa source d’inspiration principale.
Typique des plus belles œuvres intimistes de Choprix, les deux femmes de Contraste occupent toute la toile, le peintre préférant comme à son habitude un cadrage serré. Coiffée à la mode des années trente, la première est accroupie sur un tabouret et affronte de son regard brun, le spectateur. La jeune fille blonde aux yeux clairs se tenant près d’elle semble, pour sa part, absente. Toutes deux sont nues, et témoignent de l’engouement de Choprix pour le naturisme en vogue dans les années trente. Les rideaux de velours renforcent l’impression de sensualité qui émane de notre tableau tandis que « les petits animaux d’ivoire observent d’un œil canaille les deux filles » (1).
« Choprix change, à moins qu’il n’évolue, tout simplement. Dans Contraste, il est moins décoratif que par le passé, mais plus peintre » (2).
(1). J. Gus, Journal de Liège, 1931.
(2). Guy Choprix, Louis Marie René Choprix, Waterloo.