Louis Gustave CAMBIER
(Schaerbeek (Bruxelles), 1874 - Ixelles (Bruxelles), 1949)
Arnold Goffin à l’âge de 58 ans, 1921
Huile sur toile
61 x 50 cm
Signée et datée en bas à droite : Louis G. Cambier 1921
Dédicacée et datée au dos « à Madame A. Goffin et à son fils Jean – bien amicalement – Louis G. Cambier – Vierves août 1921 »
A l’origine sculpteur, Louis Gustave Cambier se forme à l’Académie de Bruxelles puis à l’Académie Ranson à Paris où il se lie d’amitié avec Paul Signac, Maurice Denis, Kerr-Xavier Roussel et Paul Sérusier. Membre de l’Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles et co-fondateur de cercles artistiques tel que Le Labeur (1898-1908), il participe au Salon des Artistes Français et y remporte en 1906 une mention honorable. Durant la Première Guerre Mondiale, il retourne à sa formation première en enseignant la sculpture à l’Académie de Nice où il a parmi ses élèves Henri Matisse. Il fait également la connaissance d’Auguste Renoir. Féru de voyage, Cambier séjourne en Bretagne, en Italie, en Turquie et, motivé par la lecture de Pierre Loti, il décide de partir en Palestine à la découverte du Proche-Orient. Privilégiant jusqu’en 1905 une peinture sombre aux sujets souvent religieux, c’est à travers le genre du portrait que l’artiste trouvera son propre style, en expérimentant les divers courants comme l’impressionnisme, le symbolisme et l’expressionnisme.
Notre portrait témoigne de ce style que Cambier adopte après-guerre lors de son retour en Belgique. Alliant sobriété de la composition (mise en exergue par un fond neutre) et devises écrites en capitales romaines, il réussit à transposer ses modèles contemporains au rang d’effigies immuables. C’est de ses amis Nabis qu’il retiendra la leçon des couleurs franches et la puissance du trait, donnant ainsi des représentations froides mais d’une extrême véracité comme en témoigne notre portrait de Monsieur Goffin (1863-1934) où transparaît son caractère d’homme de lettre de nature soucieuse et maladive. En effet, Arnold Goffin, orphelin à 13 ans et à qui l’épanouissement physique semblait interdit à cause d’une santé fragile, parviendra néanmoins à évoluer professionnellement au sein du monde littéraire en menant à la fois une carrière de directeur général à la régie des télégraphes et une activité de critique d’art qui lui vaudra, deux ans après la réalisation de ce portait, d’être nommé professeur à l’Institut supérieur d’histoire de l’art et d’archéologie à Bruxelles, poste qu’il occupera jusqu’à sa mort.