Istres CONTENCIN
(Istres, 1851 – Rennes, 1925)
Portrait de Théodore-Rivière, vers 1908
Huile sur toile
65 x 85 cm
Signée en bas à droite : ISTRES CONTENCIN
Provençal amoureux de la Bretagne, Istres Contencin voue une partie de son œuvre à la campagne armoricaine, à ses habitants et à leurs coutumes, aux intérieurs de ferme, et aux travaux des champs, comme dans ce Portrait de vieille bretonne, 1894 (huile sur toile, 55 x 46 cm, Rennes, Musée des Beaux-Arts) conservé au Musée des Beaux-Arts de Rennes ou encore Le vieux pêcheur breton du Musée d'Art et d'Archéologie de Martigues. Si le style enveloppé, doux et léger de ses paysages s'inscrit dans une luminosité proche de l'impressionnisme, on retrouve dans ses portraits et ses scènes intimistes un trait durci, des contours vigoureux témoignant d'une approche plus réaliste. C'est à l'Ecole d'Art du Musée Granet, à Aix-en-Provence, qu'Istres Contencin s'oriente d'abord vers la sculpture avant d'opter pour le dessin et la peinture. Monté à Paris avec son ami Marius Coquelin, il suit alors les cours de Gérôme à l'Ecole Nationale des Beaux-Arts. Devenu par la suite enseignant et installé à Rennes, il se marie à 35 ans à la Comtesse de Prez de la Ville Tual dont on retrouve les armoiries sur notre tableau. Contraint de s'occuper du château et de l'exploitation des terres de ses beaux-parents, il renonce au professorat, avant, sur la fin de sa vie, de se défaire peu à peu de cette charge familiale et patrimoniale au profit de sa création. Il vivra désormais avec femme et enfants, entre sa maison de Dinan et son atelier d'Illifant.
Ce portrait représente le sculpteur Auguste-Louis Théodore-Rivière (Toulouse, 1857- Paris, 1912). Elève de Jouffroy, puis d'Alexandre Falguière, il suivra également les cours des professeurs de l'Ecole Nationale des Beaux-Arts jusqu'en 1886, tout en exposant régulièrement de 1875 à 1885 aux Salons des Artistes Français. Grâce aux conseils d'un ami, il se rend en Tunisie en 1890. Rapidement l’artiste s’impose comme l’un des principaux sculpteurs orientalistes avec une prédilection pour la polychromie dans ses statuettes, mariant l'ivoire, l'onyx, l'or, l'argent, l'étain, le bronze, l'albâtre et le marbre dans sa Salammbô ou dans sa Brodeuse Tunisienne (Musée d’Orsay – Paris). Il connaît alors, de 1894 à 1900, une période de succès croissants.
Suite à la commande du Monument Sisowath, Roi du Cambodge, installé par les français en 1904, et afin de commémorer la signature du traité franco-siamois de 1907, Théodore-Rivière se rend à la fin de cette année au Cambodge, un voyage qui lui inspirera entre autres La danseuse javanaise, (bronze et ivoire), conservée au Ministère des Affaires étrangères. C'est de cette période que l'on peut dater notre tableau où l'on voit l’artiste dans son atelier parisien, s'exerçant au modelage d'une danseuse cambodgienne.