Georges Hanna SABBAGH
(Alexandrie, 1887 - Paris, 1951)
L’étudiant japonais, 1919
Huile sur toile
92 x 65 cm
Signée et datée en bas à gauche : G. H. SABBAGH / 1919
Exposition :
Boulogne-Billancourt, Exposition Georges Sabbagh, 1990
Bibliographie :
Collectif, Georges Sabbagh, Panama, 2006
Jean et Pierre Sabbagh, Georges Sabbagh, Beauchesne éditeur, 1981
Né à Alexandrie en 1887 et naturalisé français en 1930, Georges Sabbagh fut l’Egyptien de l’Ecole de Paris. Petit-fils d’un colonel français qui s’installa à Alexandrie au moment de la Campagne d’Egypte sous Napoléon, il vient à Paris dès 1905 pour y faire son droit mais opte aussitôt pour la peinture. Formé à l’Académie Ranson, il eu pour professeur Maurice Denis, pour maître Valloton, et reçut les conseils de Bonnard, de Vuillard et de Sérusier.
Puisant lors de ses séjours dans son pays d’origine la lumière ainsi que l’aspect décoratif de ses compositions, c’est en Bretagne auprès de ses amis (Waroquier, Zingg, La Patellière, Denis…) qu’il pris conscience de cette nouvelle peinture avant-gardiste où la psychologie prend le pas sur la réalité physique. A partir de 1918, le style personnel de Sabbagh se met en place sous l’œil bienveillant de Maurice Denis qui le soutient pendant ses débuts.
Admirant les œuvres de ses pairs (Piero della Francesca, Mantegna, Dürer… mais aussi Manet, Cézanne etc.) et assimilant l’expérience des Nabis, des Fauves et des Cubistes, son œuvre, qui souhaite retranscrire les tourments de l’âme, possède une authentique originalité.
Peint à la Clarté, près de Perros-Guirec, dans l’atelier du peintre, cet étudiant japonais, Horiu Masuda, est venu retrouver son oncle, membre du corps expéditionnaire japonais gazé et soigné au sanatorium de Trestel. Cherchant à rester sur place et pris en affection par la famille Sabbagh, il vivra sous leur toit. C’est ainsi qu’il inspirera à Georges Saggagh cet élégant portrait qui sera ensuite repris dans l’Allégorie Japonaise. On perçoit encore dans cette œuvre un style néo-cubique, mais les bases sont posées : « M. Sabbagh […] va directement aux choses, en arrête les volumes et les formes, les fixe dans la couleur, et leur prête une splendeur quelquefois hostile, mais toujours énergique, débordante de vie et de santé. »[1]
Considéré comme l’espoir de la nouvelle génération puis reconnu comme tel par les critiques, Georges Sabbagh obtint un franc succès dans les années 30, ses oeuvres entrent dans de prestigieuses collections particulières et de nombreux musées internationaux. Puis il tombera dans l’oubli. Il faudra attendre 1990 et sa respective au Musée municipal de Boulogne-Billancourt pour enfin le redécouvrir.
1. Francis Carco, L’événement, 16 janvier 1920 ; voir : Georges Sabbagh, Musée municipal de Boulogne-Billancourt, 1990, Editions de l’Albaron, p.86.