Accueil Galerie Catalogues Catalogue 2006 TCHELITCHEW Pavel Fedorovitch

TCHELITCHEW Pavel Fedorovitch


Pavel Fedorovitch Tchelitchew
(Moscou 1898 - Frascati 1957)

Arrière petit-fils de la sœur du Sultan de Turquie, fils d’un mathématicien et riche propriétaire terrien, et quasi autodidacte en matière de peinture, Tchelitchew fuit la Russie de la révolution de 1917 qui spolie sa famille de tous ses biens et le laisse dans un dénuement qui marque sa vie. Après avoir reçu l’enseignement à Kiev d’Alexandra Exter, ancienne élève de Léger, il s’installe en France en 1923. Entre temps, il a voyagé en Turquie, en Bulgarie, en Autriche et en Allemagne. En 1925, au Salon d’Automne, Gertrude Stein le repère, lui achète une toile et l’introduit dans son cercle. Durant l’hiver 1926, après avoir été rallié par Jean Bérard au mouvement « néo-humaniste » avec les frères Berman, il participe à leur exposition collective à la Galerie Drouet. Décorateur, il est sollicité par Diaghilev en 1928 pour ses décors de l’Ode, ainsi que, en 1939, par Louis Jouvet pour ses costumes et décors de Ondine de Jean Giraudoux. Pendant la seconde guerre mondiale, il trouve refuge aux Etats-Unis où il est célébré lors d’une rétrospective qui lui est consacré au Museum of Modern Art en 1942 . Son œuvre la plus aboutie témoigne des recherches faites en peinture sur la représentation de l’espace fini et de l’expression du mouvement visible. Fasciné par l’anatomie, il tente de donner l’illusion que l’image est animée par un mouvement réel, que les formes sont semblables à un être vivant qui respire. Son chef-d’œuvre du genre Hide-and-Seek (cache-cache) est d’ailleurs acheté par le MOMA lors de son exposition de 1942. En cela, il est proche de Villon, Poliakoff et Manessier mais également de certaines expériences cubistes.

Notre dessin s’inscrit dans sa production liée au groupe de Bérard. Tchelitchew s’inspire alors volontiers des figures emblématiques du groupe telles que l’acrobate et le clown. A la représentation de ces figures, qui évoquent alors souvent tristesse et douceur, isolement et humour, il lie parfois les thèmes de l’abandon et du sommeil, comme, par exemple, son clown endormi . Notre dessin restitue cette fragilité du sommeil dans ce portrait d’homme endormi. Vers 1930, délaissant le bleu, il explore l’usage d’une monochromie lie-de-vin, comme le montre notre gouache. Plus précisément, cette figure est à rapprocher d’une série aux dimensions semblables de portraits de Robert Petit : ce dernier est représenté endormi dans des draps rouges, souvent dénudé. Son portrait de Robert Petit allongé sur un arrière-plan rouge témoigne de toutes ces caractéristiques.

 

1/ Huile sur toile, 78.5 X 84.75, The Museum of Modern Art, New York, 1940-42.
2/ Huile sur toile, 54 x 81 cm, datée de 1931, non localisée (Pavel Tchelitchew, a selection of paintings, gouaches and drawings, cat. exp. , The Alpine Club, Londres, 1972, repr. n° 33).
3/ Gouache, 48,7 x 63,8 cm, collection particulière.

 

Oeuvre proposée:
Homme endormi (Robert Petit), 1931
Gouache sur papier
48,5 x 64 cm
Signé et daté en bas à droite : P. Tchelitchew ‘31

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