vendu - sold

Alfred Bottiau
(Valenciennes, 1889 – 1951)


Le soir, 1913
Relief décoratif en bronze à patine brune verte
56 x 54.5 x 9 cm.
Signé sur le coté droit et daté « A. BOTTIAU 1913 »


Alfred Bottiau né à Valenciennes, patrie de Carpeau. Inscrit en 1903 aux Ecoles Académiques de Valenciennes, il suivra jusqu’en 1908 avec assiduité et succès les cours de modelage, dessin et sculpture pratique, enseignés par Elie Raset à qui il sera fidèle toute sa vie. Admis en octobre 1908 à l’Ecole Nationale des Beaux Arts, il devient l’élève d’Injalbert jusqu’à son incorporation dans l’armée en 1910. Démobilisé en mars 1919, il remporte quelques mois plus tard le Second Grand Prix de Rome de sculpture et finira par s’installer rue d’Anjou au paradis des sculpteurs : Boulogne-Billancourt. Si pendant près de dix ans, jusqu’en 1937, il enseigne à l’académie Julian ayant pris la suite de Paul Landowsky, c’est aux Etats-Unis que se jouera sa carrière avec la commande de sculptures monumentales : les deux grandes figures du pont de Fismes, les bas-reliefs de la Chapelle de Waereghem, les monuments de Billancourt… On peut également voir des œuvres de ce Valenciennois à Philadelphie, Hartford, Tokyo, Paris au Trocadéro, Valenciennes ou encore Château Thierry.
Toutefois, c’est dans l’art du bas relief qu’il excelle : « composition claire, belle séparation des « pleins » et des « vides », subtilité des passages, modelé sensible », comme en témoigne extraordinairement notre composition « Le Soir », que l’on sent encore imprégné les derniers accents d’un symbolisme finissant. Notre bronze (également produit en plâtre) ferait pendant avec un autre panneaux représentant un cribleur et une hiercheuse. En effet, ces deux reliefs illustrent « un même thème, la promenade des amants, dans un contexte rural (pour le notre), industriel (pour l’autre). Ces étreintes vespérales disent dans un silence ému le mystère universel de l’amour après le travail. » Notre œuvre gracieuse mixant le haut et le bas-relief ainsi que sa savante simplicité fait qu’elle est très différente des productions monumentales de Bottiau généralement amples et puissantes. Elle appartient ainsi à la production plus intime de notre sculpteur. La douceur des formes alliées au sujet très symbolique de la pastorale, rendent la sculpture presque mystique. Ceci est d’autant plus frappant lorsque l’on sait que notre bronze fût réalisé à l’aube de la Grande Guerre au cours de laquelle l’artiste perdra sa femme, sa mère, son frère et son grand ami, le graveur valenciennois, Arthur Guillez. Une belle nuit étoilée, calme et paisible avant la tempête.